# 001

# 001
...Les corps entassés de ma mémoire obstruent ma vision et abiment ma réflexion. La confusion guette ma personne et m'enveloppe à chaque instant d'un doux voile pourpre. Et le temps passe sans une once de regret. Et les années volent sans un semblant d'humanité. Les sombres heures de mon souvenir renaissent dans l'obscurité, celle des voilages clos et des nuits éveillées. Certains rayons percent, d'autres périssent, mais bon nombre d'entre eux n'atteindront l'extrémité de mes iris. Le vent se lève, la foule se tourne, les yeux se braquent, le son se tait. Chaque homme dans l'âme, un passé atrophié.


J'appelle à l'indulgence, ceci n'est qu'une simple ébauche baclée et morte-née.



_M.Cl


# Posté le dimanche 26 août 2007 20:03

Modifié le vendredi 16 novembre 2007 15:45

# 002

# 002
...Tu regardes un mur de briques rouges défiler sous tes yeux. Tes paupières battent. Le mur est devenu jaune. Et tes paupières battent à nouveau, et le mur est devenu vert. Et tu sens les secondes s'égrainer dans la confusion la plus totale, le temps s'appesantit, et tout reste en suspend. Tu sens ton c½ur sauter dans ta poitrine et tu réalises à quel point tu es seul au milieu de se monde qui s'active, alors que tu restes immobile et calme, entre ces enfants hurlant et ce vent qui s'engouffre dans chaque renfoncement. Et tu bailles, et tes yeux commencent à suinter.

...Puis ton c½ur se glace, tes pupilles se dilatent et ton souffle se coupe. Des mains te frôlent le corps, t'enfoncent les omoplates et te brisent les genoux. Et tu ne geins pas, tu te sens nauséeux.

...Et ton esprit dégorge, et des spasmes te saisissent, et ton fort intérieur s'écroule dans un fracas de pierres et de bois. La poussière vole. La terre se soulève, et quelque chose te prend à la gorge. Tu sais être indubitablement esseulé, quoi qu'il arrive, quoi qu'il se dise ou quoi qu'il se fasse. Tu sais que tu mourras isolé et que personne ne viendra pleurer sur ta tombe. La seule compagnie que tu auras grouillera dans tes entrailles, mais ça, tu ne le sauras pas. Une dernière chose te vient à l'esprit avant de choir, tu es certain d'une chose, tu ne veux pas être seul.



_M.Cl


# Posté le vendredi 31 août 2007 16:58

Modifié le vendredi 16 novembre 2007 15:45

# 003

Et les lumières s'éteignent, et le noir s'installe. Puis je patauge dans l'amertume, cherchant une sortie d'un pas lourd et las. Et le trafic se lève, et le monde s'éveille. Puis des lumières montent jusqu'au plus haut des cieux. Mes yeux brûlent. Je m'avance, me jette, et meurs, une fois de plus. Tout le monde me regarde.

Aujourd'hui, j'ai rêvé qu'une voiture m'emporterait les jambes lorsque mes pieds viendraient frôler le bitume. J'ai espéré que quelqu'un me pousserait et que ma nuque se briserait violemment contre un trottoir. J'ai pensé que mon dos céderait et que tout mon être s'écraserait au sol. Mais rien n'y fait.
Le drame c'est de vouloir se rompre le cou alors que d'autres crient à l'aide et s'accrochent à la vie. Nous sommes pourri-gâtés, au point d'en oublier la simplicité. Et cette chienne se frotte à ta jambe. Et toi tu ne fais que regarder.




_M.Cl


# Posté le mardi 04 septembre 2007 20:51

Modifié le vendredi 16 novembre 2007 15:45

# 004

# 004
Et si demain les fleurs n'écloraient pas, et que le monde plongeait dans une vaste ère noire, de laquelle givre et peine découleraient sans une once de compassion ?

...Les branches ballantes sous les rafales et le bruit des feuilles se frottant. Le toit nuageux parti pour laisser place à un plafond irisé, profond et sombre, vers lequel les hommes vides lèveront les yeux pour apercevoir le scintillement de ce qu'aurait dû être leur mort. Et ils se mettraient à rêver, et ils se mettraient à penser.
...Plus jamais le jour ne se dégagera de cette brume lointaine, de ce ciel ébène, et des mémoires de l'être, irrémédiablement coincé dans ce songe basané. L'utopie d'une belle vie suffoquera sous la pression d'un monde anéanti et elle dépérira lentement, à mesure que le souffle s'épuise. Les pluies deviendront vermeilles, baignant les édifices dans des torrents et noyant les âmes sous un fluide dense. Les c½urs satureront, les yeux suinteront, et l'océan écarlate, sublimé par les ondées, déversera sur les individus le deuil de leur vécu.



_M.Cl



# Posté le mercredi 26 septembre 2007 06:58

Modifié le vendredi 16 novembre 2007 15:45

->

Ce n'est pas une fin, mais simplement des sons sur des mots et des voix sur des lettres.
` L'alternative.

# Posté le samedi 13 octobre 2007 18:45

Modifié le vendredi 16 novembre 2007 15:45